Vous êtes visé par des propos qui portent atteinte à votre réputation et vous cherchez un exemple de plainte pour diffamation prêt à l’emploi. Ce guide explique simplement ce qu’est la diffamation, les démarches pour agir vite et un modèle de lettre personnalisable. Suivez les étapes, adaptez le modèle, et sécurisez vos preuves pour maximiser vos chances de succès.
💡 À retenir
- En France, la diffamation peut entraîner des sanctions pénales et civiles.
- Des exemples de condamnations pour diffamation dans les médias.
- Les délais pour porter plainte pour diffamation sont généralement de trois mois.
Qu’est-ce que la diffamation ?
En droit français, la diffamation consiste à imputer à une personne un fait précis portant atteinte à son honneur ou à sa considération. Elle est définie par l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Pour qu’il y ait diffamation, il faut des propos publics, un fait précis, et une atteinte à la réputation de la personne visée.
La diffamation se distingue de l’injure. L’injure est une expression outrageante ou méprisante sans attribution d’un fait précis. Exemple simple : « escroc » peut relever de la diffamation si cela impute un comportement pénalement répréhensible, alors que « imbécile » est plus proche de l’injure.
Les conséquences juridiques sont sérieuses. La diffamation publique peut entraîner une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 €. Dans certains cas aggravés (par exemple, diffamation à caractère discriminatoire), les peines peuvent atteindre 1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, sans oublier les dommages et intérêts au civil.
Dans les médias et sur les réseaux sociaux, des personnes publiques et des journalistes ont déjà été condamnés pour avoir imputé un fait faux ou insuffisamment vérifié. Les dommages et intérêts varient selon la gravité et la diffusion, souvent de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros, avec parfois publication judiciaire d’un rectificatif.
Définitions et enjeux
Trois éléments pèsent dans l’analyse d’un juge : le caractère public des propos (article, plateau TV, réseau social ouvert), l’imputation d’un fait précis et l’atteinte à l’honneur. La bonne foi et la véracité alléguée peuvent constituer des moyens de défense, mais elles supposent une enquête sérieuse et des éléments vérifiables.
Les enjeux dépassent le seul aspect financier. Une procédure réussie peut aboutir à la suppression des contenus litigieux, à un droit de réponse, et à la réparation de votre image. Pour les professionnels, cela peut préserver des contrats, des partenariats et une e-réputation saine.
Comment porter plainte pour diffamation ?
La procédure est encadrée par la loi sur la presse, avec des règles et des délais stricts. Le délai de prescription est en principe de 3 mois à compter de la publication ou de la mise en ligne. Certaines diffamations aggravées bénéficient d’un délai porté à 1 an. Il faut donc agir vite, rassembler les preuves et choisir la voie procédurale adaptée.
Vous pouvez déposer une plainte simple auprès de la police ou de la gendarmerie, saisir directement le procureur, ou engager une citation directe devant le tribunal correctionnel. La citation directe est fréquente en matière de délits de presse, mais elle exige une rédaction rigoureuse et, idéalement, l’assistance d’un avocat.
Les étapes à suivre
- Conservez des preuves complètes : captures d’écran horodatées, URL lisibles, identifiants des comptes, constat par un commissaire de justice.
- Identifiez précisément l’auteur et, s’il s’agit d’un média, le directeur de la publication (chaîne des responsabilités prévue par la loi de 1881).
- Faites une mise en demeure ou demande de retrait. Demandez aussi un droit de réponse lorsque c’est pertinent.
- Choisissez la procédure : plainte simple, plainte avec constitution de partie civile, ou citation directe. Vérifiez les mentions obligatoires de la loi de 1881.
- Agissez dans les délais : 3 mois en général, 1 an pour certaines diffamations aggravées.
Dans la plainte, reproduisez fidèlement les propos incriminés, avec date, lieu et contexte de diffusion. Évitez les approximations : l’omission d’un élément ou une citation inexacte peut fragiliser le dossier. Une expertise rapide d’un avocat en droit de la presse aide à sécuriser la qualification, la procédure et les demandes indemnitaires.
Si les propos sont en ligne, le retrait peut passer par l’éditeur du site, la plateforme ou l’hébergeur. Les grandes plateformes offrent des formulaires de signalement. Un constat de commissaire de justice verrouille la preuve en cas de suppression ultérieure.
Exemple de plainte pour diffamation

Voici un exemple de plainte pour diffamation que vous pouvez adapter. Remplacez les champs entre crochets par vos informations, et joignez vos preuves. Cet exemple de plainte pour diffamation reste un modèle : vérifiez sa conformité à votre situation, surtout si vous optez pour une citation directe.
Pour un média, mentionnez le directeur de la publication. Pour un réseau social, indiquez l’URL précise, le pseudo, l’identifiant du compte et l’horodatage du post.
Modèle de lettre
Objet : Plainte pour diffamation publique
[Vos nom et prénom]
[Votre adresse complète]
[Téléphone] – [E-mail]
À l’attention de Madame/Monsieur le Procureur de la République
[Adresse du tribunal compétent]
[Ville], le [date]
Madame, Monsieur le Procureur,
Je soussigné(e) [Nom, Prénom], né(e) le [date] à [lieu], domicilié(e) [adresse], souhaite déposer plainte pour diffamation publique sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881.
Le [date de publication], sur [support : site, réseau social, émission], à l’adresse/URL [lien complet], [Nom/Pseudo de l’auteur], a publié/tenu les propos suivants me visant explicitement :
« [Reproduire exactement les propos diffamatoires] »
Ces propos m’attribuent un fait précis portant gravement atteinte à mon honneur et à ma considération. Ils ont été rendus publics par [description du support et de l’audience : nombre d’abonnés, diffusion TV, article en accès libre].
Conséquences subies : [décrire brièvement : perte d’un client, messages d’insultes, atteinte à ma réputation professionnelle, trouble moral].
Pièces jointes :
- Captures d’écran horodatées et lisibles, avec URL apparente.
- Constat de commissaire de justice du [date], le cas échéant.
- Échanges et témoignages attestant de la diffusion et des impacts subis.
- Copie de ma pièce d’identité.
Responsable(s) présumé(s) : [Nom/Pseudo de l’auteur] ; pour un média : [Nom], directeur(trice) de la publication de [Nom du média].
Je vous demande d’engager les poursuites nécessaires pour diffamation publique. Je me réserve la possibilité de me constituer partie civile et de solliciter des dommages et intérêts, ainsi que toutes mesures utiles (suppression des contenus, publication judiciaire d’un rectificatif).
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Procureur, l’expression de ma considération distinguée.
[Signature]
Fait à [Ville], le [date]
Ce modèle couvre les points clés exigés en matière de délits de presse : propos exacts, contexte, pièces, responsables présumés. Pour une citation directe, la formulation doit être encore plus précise et respecter la structure procédurale imposée par la loi de 1881. En cas de doute, faites relire votre texte par un professionnel. N’hésitez pas à joindre cet exemple de plainte pour diffamation à votre conseil pour gagner du temps.
Dans certains dossiers médiatiques, les juges ont reconnu la diffamation lorsque des faits pénalement connotés étaient imputés sans vérification suffisante, avec des indemnités et des publications judiciaires ordonnées. Cette réalité conforte l’intérêt d’un dossier de preuves solide avant le dépôt, d’où l’importance d’un constat et d’une chronologie claire.
Conseils pratiques pour rédiger votre plainte
Votre objectif est double : prouver la diffusion publique et démontrer l’imputation d’un fait précis. Rédigez court, factuel et sourcé. Évitez les commentaires émotionnels, concentrez-vous sur les citations exactes, l’impact et la demande. Répétez le mot-clé du litige dans l’objet et le corps de la plainte pour lever toute ambiguïté.
Soignez le volet preuve. Une capture d’écran n’a pas toujours la même force qu’un constat : faites établir un constat de commissaire de justice lorsque c’est possible, surtout si vous anticipez une suppression du contenu. Conservez également les notifications, la date et l’heure de publication, et des éléments sur la portée du message.