Comprendre le taux d’incapacité entre 50 et 80 %

Par Océane Leroy

Publié le 04/12/2025

Comprendre le taux d'incapacité entre 50 et 80 %

Vous avez un handicap reconnu et vous vous demandez ce que change un taux compris entre 50 et 80 % pour vos droits, notamment l’AAH. Ce guide clair et pratique vous explique comment ce taux est fixé, à quoi il donne accès, combien vous pouvez percevoir et comment faire votre demande. Des exemples concrets vous aideront à vous situer et à éviter les erreurs courantes.

💡 À retenir

  • Environ 1,5 million de personnes bénéficient de l’AAH en France
  • Le montant de l’AAH peut varier en fonction de la situation personnelle
  • Le taux d’incapacité est déterminé par la MDPH

Qu’est-ce que le taux d’incapacité ?

Le taux d’incapacité mesure l’impact de votre handicap sur la vie quotidienne et sur l’accès à l’emploi. Il est exprimé en pourcentage et s’appuie sur un référentiel national afin d’assurer une évaluation homogène sur tout le territoire.

Lorsque l’on parle de taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80, on se situe dans une zone où les limitations sont réelles mais d’intensité variable selon les situations. Dans cette tranche, l’accès à certains droits, comme l’AAH, dépend aussi d’une notion clé liée à l’emploi décrite plus bas.

Définition du taux d’incapacité

Le taux n’est pas une note médicale brute. Il traduit l’ensemble des difficultés rencontrées dans les actes essentiels de la vie, la mobilité, la communication, la cognition, la participation sociale et la capacité à travailler. Il prend en compte les traitements, les aides techniques et humaines, ainsi que la stabilité ou l’évolution de l’état de santé.

Deux repères expliquent souvent les décisions. En dessous de 50 %, on considère que les limitations sont modérées. Entre 50 et 79 %, les limitations sont notables et constantes. À partir de 80 %, elles sont majeures. Le taux est fixé par la MDPH de votre département, à partir du Guide-barème officiel.

Comment est-il évalué ?

L’évaluation est conduite par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH qui étudie votre dossier. Elle analyse vos certificats et bilans médicaux, mais aussi votre projet de vie, vos difficultés concrètes et les compensations déjà mises en place. Un avis est ensuite émis pour la commission CDAPH qui décide du taux et des droits associés.

Pour un taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80, la question de la restriction à l’emploi est centrale. On parle de RSDAE pour Restriction Substantielle et Durable d’Accès à l’Emploi. Sans RSDAE reconnue, certaines prestations ne sont pas ouvertes dans cette tranche.

Critères d’évaluation

  • Répercussions sur les activités quotidiennes et la participation sociale
  • Capacité de travail avec ou sans aménagement de poste
  • Stabilité, aggravations ou fatigabilité liée à la pathologie
  • Besoin d’aides humaines, techniques ou d’adaptation du logement
  • Justificatifs médicaux complets et récents, cohérents avec les difficultés décrites

Astuce pratique. Décrivez une journée type et les situations précises où vous avez besoin d’aide. Joignez des bilans fonctionnels, des comptes rendus de spécialistes, et demandez à votre médecin de renseigner clairement la durée prévisible de vos limitations.

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Montant de l’AAH pour un taux entre 50 et 80 %

Montant de l'AAH pour un taux entre 50 et 80 %

L’Allocation aux adultes handicapés garantit un revenu minimum. Pour un taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80, l’AAH peut être accordée si la RSDAE est reconnue par la MDPH. Le taux en lui-même n’augmente pas le montant, il ouvre le droit sous conditions.

Le montant maximal de référence est de 1 016,05 € par mois (revalorisation d’avril 2024). Ce montant est actualisé chaque année et versé par la CAF ou la MSA. Depuis octobre 2023, la prestation est « déconjugalisée » : les ressources du conjoint ne sont plus prises en compte pour calculer votre droit, ce qui change concrètement la donne pour de nombreux couples.

Montant mensuel de l’AAH

Le calcul est différentiel. Si vous n’avez aucune ressource, vous percevez le montant maximum. En cas de revenus, la CAF détermine un droit partiel selon vos ressources personnelles. Le montant varie avec la situation professionnelle, l’éventuelle pension d’invalidité, une rente ou d’autres prestations.

  • Sans revenu. Droit théorique proche de 1 016,05 € si les conditions sont remplies.
  • Avec salaire. Une partie de vos salaires est neutralisée selon des règles spécifiques, ce qui permet souvent un cumul partiel.
  • Avec pension. L’AAH complète éventuellement jusqu’au plafond, selon le type et le montant de la pension.

Exemple 1. Nadia, 45 ans, a un taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80 avec RSDAE. Sans revenus, elle perçoit le montant maximal. Si elle reprend un emploi à temps partiel à 600 € nets, elle garde une part d’AAH, recalculée par la CAF pour garantir un niveau de ressources global plus protecteur.

Exemple 2. Thomas, 33 ans, vive en couple et perçoit 700 € nets de salaire. Le revenu de sa conjointe n’est plus pris en compte depuis 2023. Son droit AAH est calculé uniquement sur ses propres ressources, ce qui peut rétablir un versement partiel alors qu’il n’y avait aucun droit auparavant.

Point repère. Environ 1,5 million de personnes perçoivent l’AAH en France. Le montant de l’AAH peut varier en fonction de la situation personnelle, qu’il s’agisse des revenus, de l’activité, de la présence d’une pension ou d’un changement familial.

Questions fréquentes. Le taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80 suffit-il à toucher l’AAH ? Non, il faut que la MDPH reconnaisse aussi une RSDAE. L’AAH se cumule-t-elle avec la prime d’activité ? Oui, selon vos revenus, ce cumul peut exister et améliorer le niveau de vie. Le montant est-il le même partout ? Oui, c’est une prestation nationale.

Démarches à suivre pour obtenir l’AAH

La demande se fait via la MDPH de votre département. Vous déposez un dossier unique pour l’ensemble de vos besoins, AAH comprise. La MDPH évalue votre taux d’incapacité et, pour un taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80, apprécie la RSDAE. En cas d’accord, la notification mentionne la durée d’attribution et les droits ouverts.

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Étapes clés. Préparez le dossier, déposez-le de préférence en ligne ou par courrier, suivez son traitement, puis complétez les informations demandées par la CAF pour le paiement. En l’absence de réponse de la MDPH après un délai légal, vous pouvez solliciter des explications ou contester la décision.

Documents nécessaires

  • Formulaire de demande MDPH dûment rempli, avec un projet de vie précis
  • Certificat médical MDPH récent, idéalement de moins de 6 mois
  • Comptes rendus de spécialistes, bilans fonctionnels, attestations de rééducation
  • Justificatifs de situation professionnelle et sociale, y compris aménagements de poste
  • Pièces d’identité et justificatifs d’adresse

Délais. La MDPH vise à instruire les dossiers dans un délai d’environ 4 mois. Le versement n’intervient qu’après la décision et la transmission à la CAF ou à la MSA. Pensez à signaler toute évolution de votre situation pour éviter une suspension ou un trop-perçu.

Conseils pratiques. Écrivez votre projet de vie en décrivant ce que vous ne pouvez pas faire sans aide et ce que vous pourriez faire avec compensation. Demandez à votre médecin de préciser l’impact durable sur l’emploi. Sollicitez un travailleur social pour relire le dossier. Conservez des copies de toutes les pièces envoyées et notez les dates de dépôt.

En cas de refus. Vérifiez si la RSDAE a été étudiée. Si ce point n’apparaît pas, demandez un réexamen. Vous pouvez former un recours administratif auprès de la MDPH, puis un recours contentieux si nécessaire, en vous faisant accompagner par une association ou un service d’accès au droit.

Ressources supplémentaires et aides

Au-delà de l’AAH, d’autres dispositifs peuvent améliorer votre quotidien. Si votre taux d’incapacité supérieur à 50 et inférieur à 80 entraîne des besoins de compensation, explorez les aides au logement, l’accompagnement vers l’emploi, les cartes et prestations dédiées aux personnes en situation de handicap.

Où se renseigner ?

  • MDPH de votre département pour l’évaluation du taux et la RSDAE
  • CAF ou MSA pour le calcul et le paiement de l’AAH
  • Service d’information administratif par téléphone au 3939 pour des questions générales
  • Cap emploi et Pôle emploi pour l’insertion professionnelle et les aménagements
  • CCAS ou Maisons France Services pour un accompagnement aux démarches

Aides complémentaires. La carte mobilité inclusion peut apporter des droits au transport et au stationnement. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé RQTH facilite l’accès à un emploi adapté. La prestation de compensation du handicap PCH peut financer des aides humaines, techniques ou des aménagements. La majoration pour la vie autonome soutient les personnes qui vivent dans un logement indépendant et perçoivent l’AAH. Le complément de ressources n’est plus attribué aux nouveaux bénéficiaires mais reste maintenu pour les anciens droits encore en cours.

Océane Leroy

Je m'appelle Océane Leroy, passionnée par l'univers de l'entreprise. À travers mon blog, je partage des conseils pratiques et des stratégies inspirantes pour aider les entrepreneurs à réussir. Rejoignez-moi dans cette aventure !

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