Vous travaillez en mission et vous vous demandez si ces heures compteront vraiment pour votre retraite. Bonne nouvelle, oui, les missions d’intérim génèrent des droits, au même titre qu’un CDI. Beaucoup d’idées reçues circulent et brouillent le message. Voici un guide clair et concret pour comprendre la cotisation retraite intérim, connaître vos droits et optimiser votre parcours, sans jargon inutile.
💡 À retenir
- Environ 30% des intérimaires ne savent pas s’ils cotisent pour la retraite.
- Les contrats d’intérim peuvent influencer le montant de la retraite.
- En France, chaque heure travaillée en intérim compte pour la retraite.
Comprendre la cotisation retraite en intérim

Un intérimaire est un salarié. À ce titre, chaque mission donne lieu à des cotisations retraites prélevées sur votre paie et versées par l’agence d’emploi. Concrètement, la cotisation retraite intérim alimente deux étages de protection : la retraite de base de l’Assurance retraite et la retraite complémentaire Agirc-Arrco, comme pour n’importe quel salarié du privé.
Les heures effectuées sont déclarées et transformées en rémunération, elle-même convertie en trimestres et en points. Les primes d’intérim entrent aussi dans l’assiette de calcul. L’indemnité de fin de mission et l’indemnité compensatrice de congés payés sont, sauf exception, soumises aux cotisations, ce qui augmente vos droits. Pour valider des trimestres, il faut atteindre un seuil de revenu annuel équivalent à environ 150 heures SMIC par trimestre.
Comment fonctionne la cotisation retraite ?
Chaque mois travaillé en mission génère des cotisations prélevées directement sur votre salaire brut. La part salariale apparaît sur votre bulletin, la part patronale est versée par l’agence. Les données sont transmises via la DSN, ce qui alimente votre relevé de carrière et votre relevé de points complémentaire.
Deux mécanismes s’additionnent. Le régime de base convertit votre rémunération annuelle en trimestres, dans la limite de quatre par an. Le régime complémentaire transforme vos salaires soumis à cotisation en points de retraite. Plus vos revenus cumulés en intérim sont élevés, plus vous engrangez de points. La cotisation retraite intérim suit donc la même logique que tout contrat salarié.
Exemple concret : si vous réalisez 120 heures à 12,50 € sur un mois, puis 100 heures à 13 € le mois suivant, le total brut alimente la base de calcul des cotisations. Ces montants, additionnés sur l’année, déterminent le nombre de trimestres validés et les points complémentaires obtenus. Les périodes sans mission ne génèrent pas de cotisations, mais les périodes indemnisées par l’assurance chômage peuvent ouvrir des droits dits « assimilés ».
- Conservez vos bulletins de paie et contrats de mission : ils sont vos preuves en cas d’écart sur le relevé de carrière.
- Contrôlez chaque année vos droits dans votre espace retraite : vous vérifiez trimestres et points.
- En cas d’oubli de déclaration ou de mission non remontée, contactez l’agence d’emploi avec vos justificatifs.
Petit témoignage : « Après trois ans d’intérim dans l’industrie, je pensais n’avoir presque rien. En vérifiant mon relevé, j’avais bien mes trimestres et des points complémentaires. Mes primes de fin de mission ont clairement aidé », raconte Sofia, 29 ans.
Quelles sont les différences avec un CDI ?
Sur le principe, il n’y a pas de traitement défavorable : les taux et les règles de retraite de base et complémentaire sont les mêmes. La vraie différence tient au rythme de travail. Un CDI offre un salaire continu, alors que l’intérim alterne périodes travaillées et périodes sans mission, ce qui peut ralentir l’acquisition de trimestres et de points sur certaines années.
- L’employeur déclaré pour la retraite est l’agence d’intérim, pas l’entreprise utilisatrice.
- Les primes d’intérim, souvent présentes, entrent dans l’assiette de cotisation et boostent parfois les droits.
- Les interruptions entre missions peuvent réduire le total annuel de revenus et donc les droits de l’année.
- La mobilité fréquente n’empêche pas la continuité de vos droits : tout est centralisé via la DSN.
Les droits des intérimaires concernant la retraite
Un intérimaire a les mêmes droits à la retraite qu’un salarié en CDI. Chaque mission déclarée alimente vos trimestres et vos points. Les périodes de maladie, maternité, accident du travail ou chômage indemnisé peuvent donner des trimestres assimilés, même sans salaire cotisé, sous conditions. Autrement dit, des creux de carrière ne vous pénalisent pas toujours autant qu’on l’imagine.
Vous pouvez aussi accéder aux dispositifs classiques : retraite progressive si vous réduisez votre activité et cumulez emploi et retraite, ou cumul emploi-retraite après liquidation de vos droits. Certaines périodes d’études ou d’années incomplètes peuvent faire l’objet d’un rachat de trimestres, utile pour atteindre le taux plein. La cotisation retraite intérim s’intègre donc pleinement aux règles générales.