L’histoire des congés payés en france : tout ce qu’il faut savoir

Par Océane Leroy

Publié le 17/11/2025

L'histoire des congés payés en france : tout ce qu'il faut savoir

Chaque été, des millions de Français plient bagage pour quelques jours au vert, mais cette liberté a une histoire. Le congé payé n’est pas né d’un coup de baguette magique. Il est le fruit de luttes sociales, de compromis politiques et d’un changement profond des modes de vie. Cette épopée, du Front populaire aux débats actuels, raconte aussi la construction d’un modèle social unique.

💡 À retenir

  • En 1936, la loi institue les congés payés en France pour la première fois.
  • En 1970, le nombre de jours de congés payés est fixé à 30 jours pour les employés à temps plein.
  • Une étude de l’INSEE montre que les congés payés améliorent la productivité des travailleurs.

Origine des congés payés

Avant d’être un droit, partir en vacances tenait du privilège. À la fin du XIXe siècle, quelques entreprises paternalistes offrent des jours de repos, souvent pour fidéliser la main-d’œuvre. Dans la presse ou la métallurgie, des conventions locales commencent à évoquer une forme de congé payé, mais rien d’universaliste. L’idée progresse dans les syndicats et chez certains réformateurs sociaux qui lient repos et santé au travail.

Le tournant historique vient avec l’élan populaire des grèves de 1936. Le gouvernement Blum et les partenaires sociaux scellent un compromis qui change la vie des salariés. Le congé devient un droit, et les Français découvrent la possibilité de partir tous ensemble au bord de la mer ou chez des proches, sans perdre leur salaire.

Les premières lois sur les congés payés

La loi de 1936 accorde aux salariés du privé deux semaines de repos payé après un an de travail, dans la foulée des Accords de Matignon. Concrètement, l’employé perçoit une compensation calculée au 1/10e de la rémunération, et l’employeur organise les départs sur une période définie. Le vocabulaire entre dans le quotidien: on parle de poser un congé payé, de programmer les dates avec l’atelier ou le bureau.

Une anecdote marque cette époque. Pour favoriser le départ des familles, la SNCF propose le « billet populaire de congé annuel », une réduction qui démocratise le rail. Les offices du tourisme se structurent, les colonies de vacances se développent, et la photographie familiale devient l’archive vivante de cette nouvelle liberté.

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Évolution des congés payés

Évolution des congés payés

Dès l’après-guerre, les congés s’inscrivent dans les modes de vie. À mesure que la consommation progresse, le temps de repos devient un pilier des Trente Glorieuses. Les délais s’allongent par étapes, révélant une société qui cherche son équilibre entre croissance et qualité de vie. Le congé payé s’installe durablement dans les habitudes, des grandes usines aux bureaux de services.

Dans les années 1950, le pouvoir d’achat permet à davantage de foyers de s’échapper l’été. Les hôtels familiaux, les campings et les villages de vacances fleurissent. Le tourisme prend une dimension nationale. Les entreprises organisent des rotations, le phénomène des départs de « juilletistes » et « aoûtiens » s’installe, et l’économie locale des littoraux en profite.

Les congés payés après la Seconde Guerre mondiale

La durée légale passe progressivement de deux à trois semaines en 1956, puis quatre semaines en 1969. En 1970, la durée de référence est fixée à 30 jours pour un temps plein, ce qui stabilise les pratiques d’entreprise et clarifie le comptage en jours ouvrables. La généralisation des congés devient un marqueur social, soutenu par les caisses de vacances et les comités d’entreprise, qui proposent des séjours accessibles.

Au début des années 1980, l’État ajoute une cinquième semaine. En 1982, les salariés peuvent atteindre cinq semaines, souvent comptées en jours ouvrables. La cinquième semaine modifie la saisonnalité des départs et ouvre la voie à plus de fractionnement. Le congé payé devient un élément stratégique de la politique RH, un outil de fidélisation et de prévention des risques psychosociaux.

Impact social et économique

Le droit aux congés a transformé la vie quotidienne. Les travailleurs retrouvent leurs enfants, découvrent la mer, la montagne, la campagne. La sociabilité change, de nouvelles activités sportives apparaissent, la lecture et la culture gagnent du terrain. Le congé payé favorise une meilleure santé, une baisse de la fatigue chronique et une présence plus attentive au retour.

Cette évolution irrigue l’économie. Le tourisme se structure, l’hôtellerie et la restauration montent en puissance, le commerce de détail des zones balnéaires prospère. Les entreprises, elles, apprennent à planifier pour lisser l’activité. Beaucoup ferment une semaine en été pour regrouper les absences. On parle de plan de charge, de permanence minimum, et d’anticipation par compétences sur les postes clés.

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Les études confirment l’intérêt économique. Une analyse de l’INSEE indique que le repos contribue à l’efficacité du travail, avec des effets mesurables sur la productivité et la réduction des erreurs. Concrètement, un salarié qui prend un congé payé revient plus concentré, moins sujet aux incidents, et davantage disponible pour les projets. Ce cycle vertueux soutient la performance sur l’année.

La mobilité a aussi évolué. Les autoroutes, les trains à grande vitesse, puis la location en ligne ont rendu les départs plus fluides. En réponse, les territoires ont diversifié l’offre culturelle hors saison. Les stations se transforment pour attirer au printemps et à l’automne, et les entreprises encouragent parfois des congés décalés pour maintenir la continuité des opérations tout en améliorant l’expérience des salariés.

Exemple concret: dans une PME industrielle, étaler 40 % des absences en juin et septembre réduit les goulets d’étranglement de maintenance. Côté salarié, poser un congé payé lors d’un pont peut offrir une vraie coupure au coût de seulement un ou deux jours, tout en évitant les périodes d’affluence.

Les congés payés aujourd’hui

Le socle légal le plus courant reste l’acquisition de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit jusqu’à 30 jours par an pour un temps plein, souvent assimilés à cinq semaines. Le décompte en jours ouvrables ou en jours ouvrés dépend des usages d’entreprise et des conventions. La meilleure pratique consiste à vérifier son compteur et les règles internes avant de planifier un congé payé.

La période de référence fixe quand les droits s’acquièrent et quand ils se prennent. Certains accords permettent le report partiel, le fractionnement hors période estivale, ou la fermeture imposée de l’établissement à une date précise. L’indemnité de congés payés assure au salarié un revenu pendant le repos, selon les règles du Code du travail et des conventions collectives.

Océane Leroy

Je m'appelle Océane Leroy, passionnée par l'univers de l'entreprise. À travers mon blog, je partage des conseils pratiques et des stratégies inspirantes pour aider les entrepreneurs à réussir. Rejoignez-moi dans cette aventure !

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